"On prend le pari ? Dans quelques décennies, notre société organisera des séances de thérapie collectives appelées « réunions des Pressés anonymes ». Des individus convulsifs, trépignants, ayant surmonté leur honte et leur dégoût d?eux-mêmes, s?y rendront pour avouer face à une audience compatissante l?énormité de leurs errements : « Bonjour, je m?appelle Arnaud. Au bureau, je regarde en permanence ma montre et je bâcle mon travail avant de me précipiter sur ma moto pour rentrer chez moi et bâcler le coucher de mes enfants? » Et les autres patients d?opiner gravement : « Bravo Arnaud, oser en parler, c?est déjà un premier pas? » Car la vitesse n?est ni un concept abstrait ni un choix : c?est une maladie. Une sorte de dérèglement hormonal qui aurait frappé l?Occident au début du XXe siècle et expliquerait, presque à lui seul, tous nos dysfonctionnements.
Routine décérébrante
Vivre plus lentement, comme nous invite à le faire cette enquête, très richement illustrée, de la journaliste Pascale d?Erm, ce n?est pas simplement mettre une couche de blanc sur quelques cases de son emploi du temps. C?est changer de regard sur soi et sur le monde. « En freinant un grand coup, on se réapproprie son temps personnel et ce faisant, on parvient à ajuster ses envies avec son mode de vie réel. » Posez-vous une minute et les bonnes questions affluent. Avez-vous besoin de travailler plus pour gagner plus ? Est-il indispensable de prendre la voiture pour conduire vos enfants à la crèche qui se trouve à deux pâtés de maison ? Aurez-vous vraiment foiré votre vie si vous n?avez pas une grosse tocante à 50 ans ?
Bref, comme le résume l?un des militants du tempo giusto interviewés dans le bouquin, « ralentir, c?est résister ». Tout simplement. Les grandes grèves du Front populaire, c?est du temps reconquis sur une routine décérébrante. Mai 68 aussi. Et aujourd?hui, les 100 villes du monde appartenant au réseau des « Cittaslow » (les « communes lentes ») ne se contentent pas de casser les horloges municipales : elles chassent les bagnoles du centre, transforment les parkings en jardins, limitent la destruction des immeubles anciens, ralentissent l?extension des grandes surfaces et l?invasion des panneaux publicitaires? De même, la slow food n?est pas le contraire de la malbouffe uniquement parce qu?elle fait poireauter les clients en salle : c?est une cuisine composée de produits de saison, bio, livrés localement, composée ? et savourée ? en prenant son temps.
Enfin, on ne s?étonnera guère que les tenant du slow design produisent des objets longuement mûris, construits avec des matériaux qui durent et ayant une faible empreinte écologique (recyclés par exemple)? Et l?on repense à cette vieille BD de Gébé, récemment rééditée, appelée L?An 01, et qui appelait à faire un « pas de côté ». Son histoire se résume en trois phrases : « On arrête tout. On réfléchit. Et c?est pas triste. » Alors, on arrête tout ?"
Source : Terraeco
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Un petit + pour avoir le point de vue de l'auteur : http://www.radioethic.com/les-emissions/art-de-vivre/developpement-personnel/vivre-plus-lentement-un-nouvel-art-de-vie.html
Cela me fait penser que ce matin je me suis fait "alpagéé" à une caisse de magasin avec mon fils. Une charmante mamie n'a rien trouvé de plus intelligent à dire à mon fils de 7 ans "si j'avais était ta mère je t'aurais mis une claque depuis longtemps".
Mon fils prenait tout simplement son temps pour acheter ses nouveaux livres ... Je l'ai bien entendu remercier de ce précieux conseil et en effet lui ai précisé que j'étais sa mère !
Une mamie à la retraite qui après toutes ces années incessantes de va et vient au travail ne sais pas encore prendre son temps. J'étais très en colère et aussi pleine de compassion pour cette pauvre dame qui ne sais pas apprécier le temps. Si je m'atais ballader avec le livre je lui aurais mi dans la bouche :)
Rires !
Depuis mon retour de vacances, je mets en oeuvre ce principe ("prendre son temps"). Curieusement, je me sens revivre ... même à Paris !
Merci de vos commentaires.
Eric