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Ces dernières années il a été constaté une nette augmentation des cas de divorce à travers le monde. Ses causes, sa dynamique et ses impacts socioéconomiques ont été largement étudiés, mais peu de recherches ont porté sur ses impacts environnementaux. Et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, chaque fois qu’un couple se brise la nature en pâtit également.

Le foisonnement des foyers

Le divorce est mauvais pour l'environnement. Telle est la conclusion d'une étude menée par des écologistes de la Michigan State University aux États-Unis et publiée dans le journal «Proceedings of the National Academy of Sciences». A l’issue de l’étude, les chercheurs ont constaté que le divorce avait différents types d'impacts négatifs sur la planète. On peut notamment noter une demande accrue de ressources et un plus faible niveau d'efficacité dans l'utilisation des ressources du ménage. Tout au long de l’étude, des données ont été collectées sur les couples mariés et leur utilisation des ressources dans 12 pays, dont les États-Unis, le Brésil, le Costa Rica, l'Équateur, la Grèce, le Mexique et l'Afrique du Sud. Il a ainsi été découvert que le divorce entraînait une réduction de la taille moyenne des ménages. La principale conséquence étant une augmentation importante du nombre de ménages et donc une demande accrue d'énergie, d'eau et de terres.
En effet, il est évident la gestion des deux ménages résultant d’un divorce coûtera plus cher que celle du ménage d'origine. Une fois que le couple se sépare la garde des enfants est partagée entre les deux parents. Trois jours chez papa, quatre chez maman… Et il faut par exemple songer à l’alimentation de la nouvelle famille durant le séjour des enfants. Donc papa fera ses courses de son côté et maman aussi du sien. Et il ne s’agit là que du volet nourriture. Pour cette même famille il faudra désormais deux maisons, etc.

Une consommation de ressource plus importante

Mais le fait moins évident est que, en tant que divorcés, nous consommons également plus de ressources. S'il est bien connu que la taille de la population a un impact sur l'utilisation des ressources, elle n'explique pas l'utilisation accrue des ressources dans les pays où la population est stable. Cependant, le nombre de ménages a considérablement augmenté même lorsque la population est stable.
Les ménages divorcés ont consomé 46 à 56% d’eau et d’lectricité par personne que les ménages mariés. Plus de 73 milliards de kilowattheures d’électricité et 627 milliards de gallons d’eau auraient pu être économisés aux États-Unis en 2005 si l’efficacité par personne dans les ménages divorcés avait été identique à celle des ménages mariés. Le divorce résulterait donc en une consommation accrue de combustibles fossiles et d'émissions de gaz à effet de serre, ainsi que de nombreux autres impacts sur l’environnement.
Le divorce en lui-même n’est qu’un des mécanismes conduisant à une diminution de la taille des ménages et une augmentation du nombre de ces derniers. Le déclin des ménages multi générationnels, les retards dans le premier mariage, l'augmentation du nombre de couples victime du syndrome du nid vide ainsi que celle du nombre de couples séparés... Il s’agit là d’autant d’éléments dont les impacts environnementaux sont similaires à ceux du divorce.

Que peut-on concrètement faire pour y remédier

Le temps est peut-être-il venu pour les défenseurs des «valeurs familiales» de s’unir politiquement au mouvement écologiste ?
Il est certes clair que la prolifération des ménages en raison des taux important de divorce à un certains coût environnementale. Mais les approches de solution pour résoudre la question semblent moins évidentes. Une politique gouvernementale ou sociale qui interfère avec la tendance des choix personnels est peu susceptible de fonctionner. Encourager les ménages divorcés à être éco responsables et sensibles à la consommation de ressources ne semble pas plus prometteur. Les ménages divorcés ont déjà une incitation plus puissante à être «vert», faire des économies. Le stress financier du divorce pousse déjà les gens à réduire au maximum leurs dépenses et leur utilisation des ressources.
Le remariage semble être une solution plus adéquate puisqu’il réunit deux ménages en un et permet des économies à la fois financières et environnementales. En fait, l’étude a montré que les niveaux de consommation de ressources dans les ménages remariés reviennent aux mêmes paliers que ceux observés dans les ménages mariés. Mais en dépit de toutes ces perspectives d’amélioration, le mariage demeure une entreprise personnelle. Une entreprise dont les motivations ne sont pas vraiment quantifiables. Une politique gouvernementale visant à promouvoir ce volet paraît ici aussi assez peu évidente.
Au plus profond du tumulte d’un épisode de divorce, le sort de la planète n’est très probablement qu’un souci mineur. La sensibilisation reste cependant de rigueur pour une plus importante prise de conscience des différents enjeux écologiques liés à la dislocation d’un ménage.

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