Conseil
4

Kenya : La mondialisation des roses

2013-11-06 10:18:52 UTC
Roses_kenya_foliflora

Près de l'Equateur, qui lui garantit des conditions climatiques exceptionnelles pour faire pousser des fleurs, Le Kenya a su se lancer dans la mondialisation des roses il y a plusieurs décennies pour devenir l'un des plus gros producteurs mondiaux dans le secteur, avec 50% du marché mondial en 2011. Ajoutez les conditions favorables avec un faible coût de la main d'oeuvre, une faible réglementation écologique et de très bonnes liaison de fret aérien avec l'Europe et vous obtenez la réussite de ce pays africain encore touché par le chômage et la pauvreté malgré tout.

Mais cette production massive de roses n'est pas sans conséquences pour les hommes et les écosystèmes de la région. En effet, de nombreux femmes et hommes travaillant au quotidien au contact de pesticides et d'autres produits chimiques commencent à en ressentir les effets néfastes. Ce sont près de deux femmes sur trois, travaillant au quotidien dans les serres, qui souffrent de nausées dues aux pesticides comme le note l’ONG américaine WRI. Les travailleurs peuvent aussi être atteints de différents troubles comme des maux de tête, une vision troublée, des troubles de l’équilibre et de la mémoire entre autres.

Comme l’a révélé l’Organisation Non-Gouvernementale américaine WRI, il y a quelques années, le travail quotidien dans ces serres se fait trop souvent au détriment d’une santé qui se dégrade d’années en années pour ces travailleurs. Pesticides et autres produits chimiques deviennent de plus en plus problématiques et entrainent par exemple des nausées pour deux femmes sur trois qui travaillent dans le secteur floral du pays, comme le souligne l’article d’Afrik.com sur le sujet. Les travailleurs se plaignent aussi régulièrement de maux de têtes, de troubles de l’équilibre, de la mémoire et de la vision, sans compter les risques de cancers pour ces populations sur le long terme.

Autre conséquence, celle pour les écosystèmes. C'est dans la région du lac Naivasha, qui compte près de trois-quarts des exploitations agricoles du secteur, que le problème devient catastrophique. Les eaux résiduelles très peu ou quasiment non traitées sont directement reversées dans ce lac et affectent directement les écosystèmes de la région. Une pollution accrue par des pompages massifs de l'eau et qui augmente la concentration de produits chimiques dans un lac toujours plus bas d'années en années. Les pêcheurs locaux sont directement impactés par cette pollution, qui compte de moins en moins de poissons pour survivre à leurs besoins.

Il faut quand même noter certaines améliorations, pour finir sur une note plus positive. En effet, depuis quelques années, des efforts ont été fait par l'Etat Kenyan pour faire respecter plus de normes écologiques pour préserver leur environnement face à la pression d'ONG locales. Pour al santé des travailleurs, là également des efforts ont été fournis avec la mise en place des législation sur les pesticides par le Kenyan Flower Council, mais qui peine à se mettre en place sur le terrain...

Pour aller plus loin sur le sujet :
- Un article d'un spécialiste de la livraison de fleurs en France
- Un reportage sur le sujet sur France 2 du 5/11/2013

En quoi est-ce responsable ?

  • J-achete-responsable-durable J'achète responsable / durable
  • Je-respecte-la-biodiversite Je respecte la biodiversité

Paris

3

Aidez à construire la réputation de Antonyjul en votant pour cet article :

Ils ont aimé :
Les commentaires :
Rejoignez la communauté ou connectez vous pour pouvoir commenter
Mots-clés associés
fleurs
, mondialisation
, rose
, kenya