Se-nourrir-plantes-sauvages

Dans la catégorie Picard marin, Vianney Clavreul a été élu Étoile picarde, ce lundi.

L’Abbevillois s’est lancé dans un périple de 5 000 km à pied, en se nourrissant de plantes sauvages.

Un petit mot sur votre victoire aux Étoiles picardes du Courrier picard ?

Je suis très content. Cette victoire me donne un nouvel élan. J’en suis d’autant plus ravi que mon objectif premier est de faire connaître le patrimoine alimentaire de l’humanité. Je m’aperçois que les gens y adhèrent.

Revenons-en à votre périple. Où êtes-vous actuellement ?

Je suis à 200 km environ de Saint-Jacques-de-Compostelle. Je suis à Ribadeo (Espagne). Je parcours en moyenne 20 km par jour.

Comment se passent ces dernières journées vu la météo ?

Il y a pas mal de pluie, je fais attention à ne pas être mouillé. Ce n’est jamais un plaisir d’être trempé. Mais je m’étais préparé à ça. J’ai emporté un parapluie et des vêtements pour me protéger. Je dois surtout être vigilant pour le montage et le démontage du campement afin qu’il ne soit pas mouillé. Je jongle entre deux averses. Maintenant, si je prends l’exemple de cette nuit [de samedi à dimanche], il a fait très chaud. J’ai dormi en tee-shirt. Ce qui est également pénible, ce sont les rafales de vent. Le campement ne se déplace pas, mais bouge beaucoup. Ce n’est pas évident sous la tente, on ne dort pas bien. Il faut trouver le calme intérieur pour affronter la tempête à l’extérieur.

Rappelez-nous en quelques mots ce qui a motivé cette expédition ?

Cette idée est née il y a huit ans. En tant que guide nature, je suis sensible à l’environnement. J’ai créé des jardins pédagogiques à Abbeville, je me suis intéressé aux jardins naturels. J’ai monté moi-même des expériences pour savoir ce que ça faisait de manger sauvage à moyen terme. Je voulais savoir comment vivaient les hommes nomades du paléolithique. J’ai commencé par le faire durant deux semaines puis j’ai réitéré pendant quatre mois. Fort de ces expériences, j’ai décidé de me lancer. Les plantes sauvages permettent d’avoir une santé bien meilleure et de se nourrir à moindre coût. Quand on connaît le nombre de personnes pauvres qu’il y a dans ce monde…

Pourquoi la nourriture ?

Il y a plusieurs aspects. À commencer par le fait d’avoir une nourriture abondante et gratuite. L’alimentation sauvage permet d’avoir une santé extraordinaire. J’ai 40 ans et je peux vous assurer que j’ai plus de vitalité, une meilleure concentration, un temps de veille parfait. Mes capacités ont été améliorées de 30 à 40 %.

Quelles plantes consommez-vous ?

Je tourne autour de 10, 12 plantes en général : orties, pissenlit, plantain…

Comment vous êtes-vous préparé ?

Il a fallu du temps pour préparer ma migration. J’ai surtout fait attention aux itinéraires et au matériel. Pour ce qui est de ma condition physique, je n’ai rien fait de particulier, je fais des sorties nature et du vélo. Je suis à 80 % autonome avec l’alimentation sauvage. Ma migration semblait adéquate pour faire connaître ces plantes. D’autant que personne n’avait pensé à le faire avant.

Qu’avez-vous emporté dans la charrette que vous avez fabriquée ?

Ce qui prend le plus de place, c’est la partie habitat. Je transporte ma maison sur le dos si je puis dire. J’ai une tente, un matelas, des couvertures. J’ai des vêtements légers, chauds. Il y a aussi la partie cuisine. J’ai un petit four que j’ai fabriqué moi-même de manière à ne pas brûler l’environnement. J’ai de l’huile d’olive, du sel, du vinaigre, des graines de lentilles, du miel, des noix, noisettes et châtaignes.

Vous arrive-t-il de discuter de votre aventure avec celles et ceux que vous croisez ?

Très rarement en Espagne à cause de la barrière de la langue. Mais quasiment tous les jours en France. J’ai eu de grandes discussions avec des agriculteurs à la retraite notamment. Ils m’ont donné aussi des choses de leur potager.

Dormez-vous ailleurs que sous votre tente ?

C’est quelque chose que je vais instaurer. J’ai décidé de passer une nuit par semaine dans une auberge ou dans une pension et m’offrir une journée OFF. Ça me permettra de recharger les batteries.

Vous avez cueilli pas mal de choses. Êtes-vous déjà tombé malade ?

Non, je n’ai même pas attrapé un rhume. Je marche tous les jours, mon sang circule, les toxines s’évacuent. J’ai pris des médicaments et des huiles essentielles au cas où. Mais jusqu’à présent, je n’en ai pas eu besoin.

Vous arrive-t-il de consommer autre chose que des plantes sauvages ?

Bien sûr ! Il est arrivé que mon corps ait besoin de protéines, j’ai donc mangé du fromage et des œufs pour avoir des apports complémentaires. Il n’y a pas de restriction.

Votre arrivée à Cadix (Espagne) est prévue en mars. Serez-vous dans les temps ?

Ce n’est pas le temps qui importe, l’essentiel étant de faire la migration. Et rendre cela populaire !

Propos recueillis par Nasséra Lounassi

http://www.courrier-picard.fr/77336/article/2017-12-12/lhomme-qui-fait-ses-courses-dans-la-nature

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