Neorizons_ours_polaire

Le mercure s'accumule de façon inquiétante en Arctique. Présent naturellement dans l'environnment, ce métal lourd aux effets neurotoxiques provient aussi des rejets de certaines activités humaines, dont l'exploitation minière, que les vents font retomber sur la banquise sous forme de pillule. Liberé par la fonte des glaces, il se retrouve chez touts les espèces, hommes compris. Pire : avec l'accéleration du rétrécissement de la banquise due au réchauffement climatique, la contamination par le mercure progresse à une allure foudroyante.

Pour la mesurer et en estimer les conséquences sur les êtres vivants, l'équipe d'Anke Krey, de l'université de Colombie Britannique (Canada) a eu l'idée d'étudier le cerveau de l'ours blanc. C'est en effet chez cet ultime prédateur, au sommet de la chaîne alimentaire, que le métal se concentre au maximum. Mais les chercheurs se sont heurtés à une difficulté pour autopsier : le plus grand carnivore de la planète est protégé car la fonte de la banquise risque, à terme, de le faire disparaître. Anke Krey a donc demandé à des Inuits du Nunavik, territoire de l'est de l'Arctique de conserver, entre 2000 et 2003, les crânes de vingt ours tués par la chasse traditionnelle de subsistance, una activité autorisée par la loi. Les résultats publiés cette année sont sans appel : le mercure s'inscruste bien dans le cerveau de l'ours sous une forme transformée, de loin la plus toxique, appelée "méthylmercure". Et cela dans les trois zones étudiées : cervelet, tronc cérébral, lobe frontal. Ces recherches sur l'ours blanc, espèce sentinelle de l'environnement, s'avèrent d'une importance cruciale pour évaluer les pollutions de l'écoystème arctique. Enfin, tant qu'il y aura des ours...

http://www.neorizons-travel.com/fr/lours-blanc-sentinelle-de-la-pollution-arctique

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Les commentaires :

Bonjour,
Ce phénomène de bioaccumulation (ou bioconcentration) est assez bien connu. Chaque espèce, végétale ou animale (et même le minéral), est plus ou moins apte à accumuler différents types de produits chimiques (métaux lourds, etc.).
Parmi les espèces les plus étudiées sur ce point : le lychen, les moules, les dauphins, les bélugas, les cachalots, les champignons, etc.

Et pour les sceptiques qui doutent de l'impact sur l'Homme, il suffit de se souvenir de la catastrophe de Minamata : de 1932 à 1966, un industriel de cette petite vile côtière du Japon rejeta du mercure dans l'eau... Celui-ci passa dans les poissons (et à fortiori les dauphins, vendus comme étant de la baleine), puis chez les Hommes.
Résultat : des centaines de décès, des enfants malformés, un écosystème dévasté...
En 2009, 13 000 personnes furent reconnues victimes par l'État, et 25 000 attendaient encore une décision...

2013-02-04 10:43:12 UTC
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