Conseil
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Peindre sans poluer

2009-07-16 17:32:20 UTC
Stringio

Peindre sans polluer :

 

Non toxiques, les peintures naturelles donnent de très bons résultats. Mieux : elles laissent les murs “respirer” et sont biodégradables.

 

 

Les peintures, vernis et traitements du bois sont généralement des “bombes” chimiques, néfastes pour l’environnement et pour la santé, même s’ils sont correctement employés. L’enjeu : opter pour les produits naturels, beaucoup plus inoffensifs.


 

Les peintures

 

·         Les peintures “classiques” sont principalement composées de solvants, de pigments, de liants et de charges. Les solvants dits “organiques”. Ils servent à fluidifier les peintures, ainsi que les vernis. Leurs composés organiques volatils (COV) sont particulièrement nocifs, à l’instar du white-spirit, du trichloréthylène ou de l’acétone, pour les peintures dites “à l’huile”. S’évaporant à l’application, ils diffusent parfois pendant des semaines. Les peintures dites “à l’eau” (solvant principal) masquent bien leurs solvants organiques, des éthers de glycol, par exemple, dont certains peuvent être très nocifs pour la santé et diffuser dans la pièce plusieurs mois durant ! Une directive européenne impose une réduction des COV de 57 % entre 1990 et 2010.

·         Les pigments. Ils donnent la couleur et l’opacité. Les plus dangereux contiennent des métaux lourds (plomb, cadmium, cobalt, chrome), polluants et toxiques même à très faible dose, qui se concentrent dans la chaîne alimentaire une fois dispersés dans l’environnement.

·         Les liants. Ces résines peu dangereuses sont ajoutées pour la texture.

·         Les charges. Ce sont des poudres minérales inoffensives, utilisées pour la compacité.
En tout état de cause, si vous employez ces produits, il faut considérer tous les déchets (fonds de pot, chiffons, pinceaux hors d’usage…) comme toxiques et les apporter la déchetterie.

·         Labels et signes de qualité. Les peintures et les vernis ont inauguré la liste des produits éligibles à la marque NF Environnement. Attention : si celle-ci distingue ceux qui présentent un meilleur bilan écologique), elle ne garantit nullement l’absence de solvants organiques, par exemple. Il en va de même pour l’écolabel européen, et pour le label allemand Ange bleu, pourtant réputé exigeant. À l’inverse, les peintures “naturelles”, même sans logo officiel, ont en général l’avantage d’indiquer leur composition exhaustive, ce qui est loin d’être le cas des peintures classiques.

 

Les traitements du bois


Ces produits contiennent des pesticides. Même si les plus dangereux (au lindane, aux CCA ou PCP) sont peu à peu interdits, les insecticides de substitution (pyréthrinoïdes) ne sont pas exempts d’impacts sur l’environnement. La plupart des bois traités sont de fait impropres à l’incinération ou à la biodégradation en l’état.

 


Par quoi les remplacer ?


Il existe toute une gamme de produits de traitement et de finition (peintures, vernis, lasures, enduits, badigeons…) utilisés en construction écologique pour leur faible pouvoir de nuisance environnementale. Ils ne comportent pas (ou renferment très peu) de produits chimiques de synthèse.
Il faudra souvent faire le deuil de certaines qualités des produits de synthèse (pouvoir couvrant, vitesse de séchage, homogénéité, standardisation, vivacité des coloris…), mais pas systématiquement. Quant aux prix, ils sont parfois inférieurs à ceux des produits classiques, grâce à une diffusion en progression (les fabricants sont majoritairement allemands).

·  Les peintures, lasures et laques naturelles. Chaque composant chimique peut trouver un équivalent naturel.

·  Les solvants écologiques sont généralement des essences d’aromates ou des terpènes extraits d’agrumes, mais l’eau est aussi employée.

·  Les pigments les plus utilisés sont des oxydes minéraux (de fer, souvent), des terres (ocres…), aux coloris plus stables que les pigments végétaux (cochenille, curcuma, santal…).

·  Les liants peuvent être des huiles (lin, ricin), des cires, des résines naturelles, mais aussi de la caséine ou de la chaux éteinte.

·  Quant aux charges, il s’agit de poudres de talc, craie, marbre, kaolin…
Ces finitions possèdent des qualités que ne présentent pas les produits conventionnels : perméables aux échanges gazeux, elles laissent les murs “respirer” et sont totalement biodégradables.

·  Le traitement du bois. Le meilleur, c’est … pas de traitement du tout. Ce qui est possible avec des variétés dures comme le mélèze, le douglas, le châtaignier, le chêne. On peut aussi éviter les champignons et les insectes xylophages en protégeant le bois contre l’humidité. À défaut, le substitut écologique des traitements de synthèse par excellence est le sel de bore. Cette poudre blanche, diluée pour l’application, est fongicide et insecticide. Prix indicatif, chez un revendeur : 90 euros pour 12 kg (240 m2 traités).

  •  Autres finitions. En construction écologique, on fait la part belle à une variété de matériaux, compatibles avec une large gamme de finitions : enduits à l’argile, à la chaux, au chanvre, à la laine, etc. ; badigeon de chaux, pâte à papier ; huiles dures et cires pour les sols (planchers, carrelages, etc.) et les boiseries ; vernis, etc. Les colles, sans formaldéhyde ni autres toxiques, sont à base de latex, de dérivés de cellulose ou de diverses origines végétales et animales.
    Où les trouver?
    Ces produits de bricolage sont notamment vendus dans les magasins bio ou de produits naturels.

 

·         BON A SAVOIR

 

Cuisiner sa propre peinture


Il est possible d’assembler (liant, pigments, solvants et charge) “in situ” sa peinture écologique. L’intérêt : une maîtrise totale de la composition et des coloris, ainsi qu’une diminution importante des prix. Il faut simplement plus de temps. Par exemple, il est nécessaire d’humidifier les pigments un jour à l’avance, de mélanger soigneusement, d’attendre plus longtemps pour le séchage, etc. Des recettes simples circulent, comme mélanger de la chaux aérienne avec du lait, de l’huile de lin et des terres colorées.


Naturelles, mais allergisantes 

 

·         Peinture “naturelle” (ou “biologique”) n’est pas synonyme de produit inoffensif. Des composants, notamment des terpènes, sont réputés allergisants chez certaines personnes.
Les fabricants signalent cependant que toute agression éventuelle s’atténue rapidement après quelques jours de ventilation.

 

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