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judith jakubowicz

 

Il était une fois sur une île merveilleuse, des habitants heureux et solidaires. Ils vivaient en harmonie sur un atoll en Papouasie Nouvelle-Guinée et savouraient chaque jour les fruits et légumes que leur terre leur donnait. Ils n’étaient pas riches mais ne manquaient de rien. Ils n’étaient pas pauvres mais menaient une vie simple. Ils s’épanouissaient à l’ombre des cocotiers et dans les lagons turquoise de l’Océan. Mais un jour, ils se rendirent compte que leur île rétrécissait. Cette île c’est celle des Carteret. En voici l’histoire qui n’a plus rien d’un conte de fée…

Des faits avérés

Il y a un vingtaine d’années, les habitants commencèrent à constater une érosion de leurs plages, une salinisation de leurs champs, et une augmentation en fréquence et en intensité des marées. Au point que ces dernières venaient dévaster les îles de l’atoll, les pénétrant d’eau de mer et ruinant les cultures pour l’année à venir. Cette impression initialement impalpable de la hausse du niveau de la mer, fut peu à peu confirmée par des faits forts tangibles impliquant une diminution de l’espace habitable, des ressources alimentaires et des réserves d’eau potable.

L’urgence d’agir

L’ONG Tulele Peisa (qui signifie « voler de ses propres ailes ») décida de prendre en main le destin du peuple des Carteret et de lui venir en aide. Ces îles aux allures de Paradis sont sérieusement menacées par le réchauffement climatique, comme l’a montré un rapport de l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) qui prévoit une submersion totale vers 2015. Le blanchiment des coraux qui en découle affecte les écosystèmes sous-marins et cause la mort de nombreux poissons, les marées géantes créent des marécages propices à la prolifération de moustiques, vecteur du paludisme. Enfin, la hausse directe du niveau de la mer réduit peu à peu la taille des îles. Pour Tulele Peisa, il ne reste qu’une seule solution : l’exode.

Un exode difficile

Un terrain a été accordé par la province de Bougainville, dans la petite ville de Tinputz. La culture du lieu est capitale car les mésententes tribales peuvent être fortes en Papouasie. Par chance, les mœurs et coutumes des clans de Tinputz possèdent de nombreuses similarités avec ceux des Carteret, ce qui permet de créer une réelle entraide entre les habitants. Des rites comme celui du passage à l’âge adulte pour les adolescents, celui de la puberté pour les jeunes filles, les mariages ou les cérémonies funéraires sont fondées sur les mêmes traditions. Les réfugiés climatiques des Carteret pourront donc s’adapter sur leurs nouvelles terres sans sacrifier leurs croyances sur l’autel de l’intégration. Près de 80 familles doivent être relocalisées à Tinputz. Mais aujourd’hui, l’argent manque. Seuls trois familles ont quitté l’île en 2009 et souffrent du manque de chaleur que la vie en communauté procure sur l’atoll; par ailleurs, les maisons tardent à être construites à Tinputz par manque de fonds. Les habitants des Carteret espèrent encore qu’un prince charmant viendra sauver leur île de son tragique destin pour laisser son peuple vivre heureux et avoir beaucoup d’enfants.

Voir le diaporama de Judith aux Iles Carteret

Judith Jakubowicz pour Alter Eco
judith.jakubowicz@gmail.com

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14 octobre 2010

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Les commentaires :

Paradisiaque, en effet... Mais pas pour longtemps !

Je crois savoir que la première ile qui "devrait" être rayée de la carte est l'archipel de Tuvalu, 9 iles tout aussi somptueuses, au fin fond du pacifique sud.

Une association se bat pour qu'on en parle : "Alofa Tuvalu". javais rencontré sa fondatrice il y a 5 ans... 

il y a là un vrai drame, tant humain que culturel ou écologique !

2010-10-14 17:38:04 UTC
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