
JOBFACT - Toutes ces informations, on les obtient en un coup d'œil sur JobFact.com, qui se définit comme « la première communauté anonyme où les employés parlent aux employés ». Ils se parlent de deux choses : de ce qu'ils gagnent et de ce qu'ils pensent de la boîte où ils travaillent.
Lancé fin mars sur un créneau occupé depuis un an environ par Notetonentreprise.com et Cotetaboite.com, le dernier-né frappe un grand coup en mettant l'accent sur les salaires, rarement mentionnés chez ses concurrents.
Trouver le salaire d'un poste n'est pas une information facile à obtenir, sauf de gens qui restent, comme ici, anonymes. Les fameux salaires de sortie des écoles publiés par des magazines ne donnent pas d'indication sur l'évolution des salaires secteur par secteur après plusieurs années d'expérience.
L'idée la plus astucieuse du site est d'obliger les internautes à poster des informations (salaire ou évaluation) avant de pouvoir regarder celles laissées par les autres (à part quelques-unes, en accès libre, qui font office de tête de gondole). Résultat, le site revendique déjà 1600 membres et 2200 contenus publiés, dont 1500 salaires. Certaines entreprises (Capgemini, Ernst & Young, Renault, Accenture) en comptent déjà une trentaine, ce qui devient intéressant.
Anonymes, les employés donnent des conseils à leur direction
En fait, JobFact (un travail, des infos, qui font une fiche factuelle sur un emploi) n'entend pas concurrencer les sites de notation d'entreprises cités plus haut, selon son PDG et fondateur Julien Recoing, un diplômé de l'Edhec passé par la banque d'affaires, notamment JP Morgan :
« On est parti du principe qu'une personne en recherche d'emploi cherche deux choses : un emploi et de l'information sur cet emploi. Ce qu'on demande à nos membres, c'est d'avoir une vision équilibrée. Dans chaque entreprise, il y a des aspects positifs et des aspects négatifs. »
L'ambition de JobFact est de devenir une sorte de portail de ressources humaines à destination de deux publics : les salariés et les entreprises. « Nous voulons être capables de donner une vision de l'entreprise de l'intérieur, poursuit Julien Recoing, afin que les gens viennent sur le site pour faire leur “benchmarking” [veille comparative, ndlr] en matière de ressources humaines ». Les employés anonymes délivrent même des conseils à leur direction…
Le succès d'un site reposant sur la publication d'informations aussi précises sur les entreprises nécessite de réussir deux défis a priori paradoxaux :
* pour que l'employé livre des informations intéressantes, son anonymat doit être garanti ;
* mais pour que les informations soient fiables, il faut pouvoir les vérifier, ce que l'anonymat rend plus difficile.
Julien Recoing annonce qu'en cas d'information douteuse, un échange s'établit entre le site et l'internaute (exactement comme sur Rue89). Il dit aussi avoir développé une « infrastructure haut de gamme », notamment capable d'alerter automatiquement les éditeurs en cas d'écart trop important sur un salaire pour un poste, une ancienneté et une entreprise (ou secteur) comparables. Cette infrastructure permettra, selon lui, d'éviter toute campagne d'« advertposting ».
Rue89