Voici un article très intéressant ! Beaucoup de personne "pense savoir" pourquoi le prix de l'eau est différent d'une commune à l'autre, mais est-ce qu'on pense à tout les éléments qui composent le montant de notre facture ? A lire sans modération.
"Dans l’hexagone, la règle est simple : l’eau paie l’eau. Sa gestion revient aux communes dont le « budget eau » est étanche. Il n’existe aucun transfert entre celui-ci et les autres budgets communaux. « Les recettes, provenant exclusivement du règlement des factures, doivent couvrir les sommes investies dans la maintenance du réseau de l’eau. C’est donc l’ampleur de ces investissements qui détermine le prix payé par les consommateurs », indique Bernard Barraqué, directeur de recherche au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired).
A cause de cela, curieusement, le niveau de consommation domestique n’a pas d’influence sur le prix final de l’eau. Ainsi, les Méridionaux, qui en utilisent plus de 200 l / jour / habitant – contre 165 l en moyenne pour chaque Français -, la paient très cher. À l’opposé, dans le Nord, le prix de l’eau est aussi élevé, mais la consommation est beaucoup plus faible. Tandis qu’en Auvergne c’est la consommation qui est importante et le prix, bas.
C‘est donc bien vers les dépenses liées à la gestion de l’eau qu’il faut aller chercher la variation des prix. Un peu plus de la moitié des communes françaises - en particulier celles de grande taille - confient cette gestion à des entreprises privées. Une tendance grandissante puisque aujourd’hui celles-ci fournissent près de 75% de la population française. Et ces sociétés se rémunèrent sur la facture d’eau. Mais la privatisation ne génère pas nécessairement des prix élevés.
« En général, les communes ont recours aux entreprises privées lorsque la gestion est trop compliquée ou les dépenses d’eau, trop importante. La facture peut s’avérer lourde pour les consommateurs, quelque soit le mode de gestion », tempère Bernard Barraqué. Ces dépenses sont donc plus ou moins importantes selon les communes et dépendent de paramètres extrêmement variés. En Bretagne par exemple, la forte pollution liée à l’élevage se disperse dans les eaux superficielles. Or celles-ci fournissent la principale source en eau potable, les eaux souterraines étant rares dans la région. Le coût des traitements de dépollution conditionne donc la facture. En revanche, les Parisiens paient très peu pour leur eau. Dans les grandes villes, la longueur de canalisation par habitant s’avère beaucoup plus faible qu’en campagne. Le coût de maintenance y est donc moindre. « Par ailleurs, les égouts parisiens ont été édifiés autour de 1860, à l’époque où l’Etat finançait la construction des infrastructures. Ce sont des investissements durables, qu’aujourd’hui les Parisiens n’ont plus à payer », note Bernard Barraqué. Avantages que les habitants des communes voisines n’ont pas, ce qui implique qu’ils paient leur eau plus cher.
Comme quoi, pour réduire sa facture d’eau, il suffit parfois de franchir une limite communale."
M.-C. Madrange - Focus Economie - National Géographique
Et pour encore plus d'informations :
- http://www.centre-cired.fr/spip.php?article749
- http://local.attac.org/parisctr/doc/CR_Conf_Eau_Attac_Paris_ctr.pdf
- http://www.leauetvous.fr/spip.php?article276 |